mardi 10 novembre 2015

Street Fighter: exemples de stéréotypes sur les africains dans les jeux vidéos


Pour trouver les stéréotypes sur les africains dans les jeux vidéos on n'a pas à chercher très loin. En fait, Street Fighter,  dont je fus un fan durant mon adolescence est un exemple qui me vient à l'esprit. La plupart des personnages de la série Street Fighter correspondent à certains stéréotypes, il y a  par exemple:

  • Zangief, le russe aux muscles hypertrophiés couvert de cicatrices provenant d'un combat avec un ours. 
  • E. Honda, le lutteur de sumo japonais. 
  • Guile, militaire américaine patriote (avec un tatouage du drapeau américain sur ses bras).
  • Vega, le matador espagnol.

En dépit de ces stéréotypes, il y a beaucoup de personnages de la série qui sont véritablement des personnages intéressants et certains dépassent même leurs natures stéréotypées. Par exemple, la motivation de Guile est de venger de son défunt ami Charlie. Ryu est poussé par son désir d'être le meilleur combattant possible être et de venger son maître. Ken est un combattant arrogant et plein d'assurance qui devient plus mature quand il se retrouve avec une famille à gérer. Ainsi, malgré le nombre de stéréotypes dans Street Fighter, il y a aussi quantité de personnages assez bien développés auxquels les fans peuvent s'identifier.

C'est lorsque l'on se penche sur les personnages africains de Street Fighter que l'on constate qu'ils sont vraiment pauvre au niveau des caractéristiques qui les définissent, si ce n'est les stéréotypes sur lesquels ils sont basés. Le jeu n'a pas vraiment de personnages authentiquement noirs auxquels les fans noirs puissent s'identifier. Il y a le boxeur Balrog (Mike Bison dans la version originale japonaise). Balrog est une parodie de Mike Tyson. Balrog travaille pour l'organisation connue sous le nom de Shadaloo, où il joue le rôle du gros bras sans cervelle.


Faisant Parti des grands méchants de la série, Balrog est un des personnage les moins intéressants. Son partenaire Vega est un combattant vaniteux et sadique, motivé par le traumatisme de la mort de sa mère. M. Bison, le chef de Shadaloo, est un dictateur froid et calculateur se prenant pour Dieu. Balrog, d'autre part, est tout simplement un sale boxeur dont la motivation principale est de faire de l'argent rapidement. Il n'est motivée par aucun événement traumatique particulier ou par aucun désir compulsif de gouverner le monde. Balrog veut juste de l'argent et il est apparemment incompétent pour être autre chose qu'un mercenaire. Lorsque le chef de Shadaloo meurt, Balrog devient le nouveau leader, mais il mène l'organisation à sa perte et se retrouve de nouveau dans les rues à faire des petits boulots pour gagner de l'argent par la suite. Balrog semble aussi avoir un penchant pour les femmes blanches:


Dudley est un autre personnage boxeur. Il vient d'Angleterre et pour cette raison, il est très courtois et poli, ce qui contraste avec l'approche impétueuse et brutale de Balrog au combat. Dudley a vraiment les traits de caractères ou les motivations faisant de lui un bon boxeur et un bon anglais, y compris la consommation de thé avec ses gants de boxe. Dans l'un des jeux Dudley est même anobli.


La série Street Fighter a un autre caractère britannique du nom de Cammy, mais ce n'est pas une combattante pourvu des stéréotypes de la bonne anglaise. Elle une histoire assez intéressante, étant un ancien assassin travaillant désormais pour le gouvernement britannique. Dudley n'a pas ce même genre de conflit qui ferait de lui plus que le simple stéréotype du Britannique de grande classe qui aime les voitures Mais Dudley n'a pas le même type de conflit qui rend son personnage étendre au-delà d'être simplement un stéréotype d'un Britannique de grande classe qui aime les voitures et les roses chics.et les roses.


Il est un autre combattant britannique noir nommé Birdie. Plutôt que d'être le stéréotype du gentleman britannique, Birdie est un peu comme Balrog, c'est un voyou aux muscles hypertrophiés avec une cervelle d'oiseau. A la base, le premier Birdie n'était pas noir, mais blanc. Dans les jeux ultérieurs, c'est expliqué par le fait que Birdie était simplement malade.

Birdie est le combattant avec la veste en cuir sur la droite.
Il y a Jamaïcain nommée Dee Jay. Comme son nom l'indique, Dee Jay est le combattant musicale. Il a vraiment peu de caractères le définissant au-delà du fait qu'il aime la musique et qu'il peut se battre. Il dispose également d'un sourire absolument ridicule (à la Omar Sy).



Le combattant brésilien Sean est probablement la plus développée des personnages noirs de la série Street Fighter, qui est peu dire. Sean est un joueur de basket-ball qui a été inspiré aux combats après avoir vu Ken se battre dans un tournoi. En dehors du fait que les jeux Street Fighter représentent Sean comme une sorte de combattant inutile qui se fait beaucoup tabasser , il n'y a vraiment pas grand chose à critiquer en termes de stéréotypes raciaux. La chose intéressante avec Sean c'est qu'il est à l'opposé des clichés habituels qu'on trouve souvent trouver dans Street Fighter. Très peu de chose chez Sean reflète son héritage brésilien. Par exemple, c'est un joueur de basket-ball, même si le football est un beaucoup plus populaire au Brésil.

Sean apparaît comme une imitation fade des deux principaux protagonistes de la série, Ryu et Ken. En fait, son intrigue raconte ses tentatives infructueuses pour vaincre Ryu afin que Ken devienne son mentor. Dans l'un des jeu de la série, la fin de Sean le montre se horriblement tabassé, avec un "œil au beurre noir" et les les lèvres gonflées qui ne sont pas sans rappeler l'un des personnage racialement stéréotypé d'Emmett Miller.


Elena est probablement le personnage noir le plus déroutant dans la série. Elle est sensée être une princesse  kényane, mais elle ressemble très peu à une africaine, avec ses cheveux blancs lisses et ses yeux bleus.


Comme Dee Jay, Elena aime également la musique et le rythme. Un des aspects les plus troublants de ce personnage, c'est son style de combat, la Capoeira, qui est un style de combat brésilien. Il aurait effectivement été plus logique de faire de Sean un capoeiriste, plutôt qu'un adepte d'une version édulcorée du Shotokan de Ryu et Ken. Elena semble être inspirée par les Maasai d'Afrique de l'Est, de sorte qu'il aurait été plus judicieux de la faire combattre au bâton. Rien chez Elena ne vient vraiment du Kenya, en particulier quand on considère que la majeure partie de son intrigue tourne autour de ses études au Japon et en France. Elle est le seul personnage né de l'Afrique dans le jeu et son histoire implique à peine  l'Afrique.

J'utilise la série Street Fighter pour illustrer un point plus important, qui est que les Noirs ne peuvent pas vraiment s'attendre à avoir des personnages qui nous reflètent, sauf  en créant nous-mêmes nos propres jeux vidéos. Dans ce cas, Street Fighter est un jeu vidéo produit par une société japonaise nommée Capcom. On aura du mal à trouver une série de jeux de combat, ou de n’importe quel autre style d'ailleurs, avec des personnages noirs auxquels s'identifier conçus par des noirs. Mais il ne suffit pas pour nous de le reconnaître et de souligner les représentations négatives de personnages noires. Nous devons aller plus loin et prendre les choses en mains.



Traducton de Franswa Makandal