lundi 6 octobre 2014

TEXTE DE KEMI SEBA DEPUIS SA CELLULE DE PRISON A FLEURY-MEROGIS

De la barbarie à géométrie variable :


le cas Hervé Gourdel, DAESH, l’ONU, le Kivu, les Rohingya, ebola, la Palestine

Par Kemi Seba, en direct de la prison de Fleury-Mérogis

BARBARIE, un mot tellement usité en ce début de XXIe siècle, mais dont le contenu décrit pourtant différentes attitudes, au gré des latitudes où il est prononcé.

BARBARE, étymologiquement signifiant l’« autre », l’étranger que certains ne veulent pas voir, mais qui pourtant n’est bien souvent que le miroir des exactions de celui qui distribue à autrui les bons points en humanité.

BARBARES, selon la presse occidentale, que sont les djihadistes de l’EI qui, pour condamner l’Occident, n’hésitent pas à décapiter les ressortissants innocents (quand il ne s’agit pas d’agents) des pays de l’Ouest.


* Pourtant, barbares le sont au moins autant les membres de la coalition qui, depuis plus de vingt ans, sous les faux motifs de volonté de pacification au Moyen-Orient, bombardent, assassinent, exécutent une population civile d’Orient dont le seul tort est de vivre sur un sol rempli de pétrole, « or noir » tant convoité par l’oligarchie d’Occident.

* Si les djihadistes de l’EI sont des criminels (je précise, à titre personnel, que je ne me reconnais pas dans leur façon d’agir, et condamne fermement leurs exactions), comment qualifie-t-on les pétromonarchies et leurs alliés occidentaux qui, pendant des années, ont financé ces groupes pour déstabiliser cette région, afin de pouvoir, ultérieurement, justifier leur mondialiste intervention ? En justice, pour un crime, on condamne les hommes de main, mais surtout les cerveaux…

* Si les djihadistes de DAESH agissent non pas comme des soldats de Dieu, mais tels des soldats du diable, comme le déclare BHL, alors le diable qui incite ces soldats perdus est bel et bien représenté par les oligarques coalisés.

* Hypocrites, qui mettent la planète à feu et à sang, encouragent les plus déséquilibrés et les plus fanatiques à semer le chaos, afin de pouvoir ensuite, légitimement, venir jouer les pompiers.

* Barbares, aux yeux des opprimés et des plus démunis, sont ceux qui (comme Barack Obama et ceux qui tirent les ficelles derrière lui) envoient le commandement américain en Afrique (AFRICOM) pour lutter contre ebola, au lieu de livrer des vaccins qui ont pourtant réussi à soigner la quasi-totalité des ressortissants caucasiens contaminés.

* Barbares sont ces pitres de l’ONU, qui à chaque instant donnent leur dos nu au capitalisme mondialiste, en échange de quelques écus.

* Pitres qui, évidemment, perdent la vue lorsqu’il s’agit d’intervenir pour stopper à vue le génocide au Kivu, guerre dangereusement présentée comme interethnique, alors que derrière le proxy intertribal se cachent les intérêts des multinationales occidentales.

* Barbares sont ceux qui étaient silencieux lorsque le terrorisme d’État israélien bombardait les Palestiniens innocents, mais qui se lèvent aujourd’hui pour un James Foley, un Hervé Gourdel, un Alan Henning (qui, comme les Palestiniens n’avaient rien demandé à personne).

* Barbare est le génocide des Rohingya, accompli sous le regard clément des Nations unies, unies dans le déni de réel, tant que pour elles il n’y a pas de profit.

* Il serait temps pour le cartel des Mundele circoncis, de Washington, Londres, Jérusalem, Jeddah et Paris de regarder en face leur barbarie qu’ils cherchent désespérément chez autrui.

Et qu’ils comprennent que si notre patience était de l’eau, face à leurs illimités crimes contre l’humanité, notre source se serait tarie.


Kemi Seba, un esclave rebelle sur la plantation Rothschild.