mercredi 22 octobre 2014

L’inquiétante connotation mondialiste du concept de démocratie au XXIe siècle / Par Kemi Seba en direct de la prison de Fleury-Mérogis




En ces temps d’intempéries présents d’un point de vue géopolitique, nécessaire il est d’analyser à quel point l’oraison funèbre de la raison s’est répandue à la vitesse du son partout où vit l’humanité, grâce à une élite éprise de vanité, aveugle face à la notion de fraternité.

Une élite occidentale qui met en avant un régime politique privé de sa vitalité.

Nietzsche, à ce sujet, déclarait : « La démocratie moderne est la forme historique de la décadence de l’État. »

Comprenons par là un État noyé dans le principe trompe-l’œil de « modernité », ce dernier ayant dépouillé, vidé de sa substance le concept de tradition, si vital pour que les peuples puissent s’enraciner.

Pour bien cerner la problématique, il faut comprendre qu’au XXe siècle, les aspirations des populations colonisées à la démocratie signifiaient « pouvoir au peuple ».

En ce début de nouveau millénaire, l’appel souvent compréhensible des masses non occidentales à la démocratie est devenu, sans que les populations visées s’en rendent forcément compte, synonyme de pénétration mondialiste au cœur de l’État.

« Pouvoir au peuple » hier, alignement sur le principe d’occidentalisation des mœurs aujourd’hui.
Révolution réelle de la base prolétaire hier, récupération désormais des ONG œuvrant pour le nouvel ordre mondial, de jour comme de nuit.

Il y a aujourd’hui, dans ces manifestations des peuples, un parfum de dégénérescence, de perte de l’essence même de la liberté de soi.

Paroxysme ultime de la perversité politique que de ne pas voir que derrière nos appels à la liberté se cachent les « vigiles » les plus impérialistes de nos anciennes prisons qu’étaient les colonies.
Le peuple manifeste pour, au final (du moins pour l’instant), non pas briser ses chaînes mais, au contraire, rajouter un boulet à ces dernières.

La « démocratie » est devenue une marque déposée, comme McDonald’s ou KFC.
Quand vous souhaitez ouvrir une franchise de cette marque (en gros lorsque vous revendiquez le droit à la démocratie chez vous), ne vous étonnez pas de voir des représentants des propriétaires actuels du concept (les tenants de la finance internationale) venir dans votre pays sous forme d’ONG, afin de vous dicter la marche à suivre.

Qui s’étonnera donc de voir, lors de la « révolution des parapluies » à Hongkong, un Paul Zimmerman faisant office, dans l’ombre, de pilier idéologique pour les jeunes Hongkongais « pro-démocratie » ?
Qui niera l’implication du terroriste économique George Soros, spéculateur mondialiste dans les tentatives de déstabilisation en Ukraine, au Venezuela, en Afrique, ou lors du fameux et prétendu « printemps arabe » (dont on voit les effets désastreux aujourd’hui) ?

Cependant, appeler les masses du tiers-monde (mais aussi les masses paupérisées d’Occident) à la distance critique vis-à-vis du concept vicié de « démocratie » aujourd’hui ne doit pas pour autant empêcher les « damnés de la terre » (comme dirait Frantz Fanon) de lutter contre les injustices et le pouvoir bien souvent inique face auxquels ils se dressent. Tout devra être question de sémantique et de précision dans la rationalisation de nos revendications.

Vouloir que le gouvernement qui nous opprime tombe ne doit pas nous pousser à nous allier aux puissances prédatrices et néocoloniales qui se drapent dans ce que je conceptualise comme étant l’« impérialisme de la vertu » (ingérence des puissances occidentales au nom des valeurs dites « humanistes ») pour s’immiscer dans des affaires qui, intrinsèquement, ne les regardent pas.

Il faudra tôt ou tard, à l’instar du Mouvement des nations non alignées (principe auparavant valable quant au refus d’alignement aux blocs Est-Ouest), s’opposer cette fois-ci aussi bien aux dirigeants iniques de nos pays qu’aux puissances mondialistes.

Le principe d’« autodétermination non alignée » au sens strict du terme (décider de notre propre destin sans s’aligner sur l’hégémonie mondialiste) devra remplacer la notion parasitée de « démocratie ».
Quant aux alliances, elles devront forcément se faire avec des pays eux aussi non alignés, qui nous auront prouvé dans le passé comme dans le présent que le colonialisme n’est pas leur tasse de thé.

L’enjeu de la véritable liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes se situe là. Discerner qui sont nos alliés et qui sont nos ennemis véritables, et surtout, s’appliquer à ne pas fuir une tyrannie franche pour en rejoindre une pire déguisée en « royaume des libertés ».

In fine, garder à l’esprit que rien ne se fera en termes d’avancée réelle pour le peuple tant que l’on troquera la tradition contre la modernité.