jeudi 25 juin 2015

Hommage à Kwamé TOURE/Stockely CHARMICHAEL

Publié le 25 février 2012 par LE NOI RESEARCH GROUP


Notre cher frère, Kwame Toure / Stokely Carmichael, a maintenant rejoint les ancêtres. Dans la vie le frère Kwame fut la glorieuse incarnation du meilleur de notre histoire. En tant que Caribéen il démontra une fois de plus la vigueur, l'audace, l'érudition et le talent du leadership mondial qui caractérisa souvent les meilleurs d'entre nous.

A l'instar d'Edward Wilmot Blyden, éminent intellectuel panafricain de la fin du 19e siècle, comme Henry Sylvester Williams, fondateur du mouvement panafricain moderne; comme Marcus Mosiah Garvey, le plus percutant panafricain de tous les temps; comme C.L.R James et George Padmore, éminents idéologues et militants panafricains, Kwame Toure inspira et alimenta le peuple épris de liberté partout où il se trouvait.

En tant que un révolutionnaire afro-américain et panafricain, le frère. Kwame démontra une fois de plus l'esprit indomptable qui préserva notre peuple plus de cinq cents ans, souvent face à de terribles dangers. Kwame fut un général dans la guerre de cinq cents ans pour la liberté, la justice et l'égalité qui débuta par la traite négrière transatlantique. Il reprit là où Nat Turner, Martin Delany, l’Evêque Henry McNeal Turner et bien d'autres s’arrêtèrent.

Ce fut son destin d'assumer le rôle de leader au cours d'une des périodes les plus intenses de lutte. Une grande partie des dirigeants de sa génération furent tuée au combat ou détruit (Malcolm X, Martin Luther King, Jr., Medgar Evers, Huey Newton, Fred Hampton), la liste est longue et douloureuse. Certains qui échappèrent à la mort, comme Robert Williams et Assata Shakur, furent contraints à l'exil. Aucun peuple ne devrait avoir à payer un prix aussi élevé pour la liberté, mais tel fut malheureusement notre lot à cette époque.

Kwame Turé échappa en quelque sorte à la mort sur le champ de bataille, mais il fut emprisonné plus de trente fois pour son activité en faveur des droits de l'homme aux États-Unis. Il souffrît également de l'humiliation épouvantable d'être interdit dans son propre pays, Trinité-et-Tobago, pour une vingtaine d'années, probablement à la demande des puissances impérialistes.

La carrière de Kwame Toure suivi de près celle de certains leaders panafricains qui le précédèrent. Il était étudiant à la «Tranquillity Boys’ Intermediate School» de Port of Spain, où Henry Sylvester Williams avait enseigné au 19ème siècle. Il émigra à New York, comme le fit Marcus Garvey. Il finit par s'installer en Afrique de l'Ouest, comme l'ont fait Edward Wilmot Blyden, George Padmore et WEB DuBois.

Kwame Toure a une signification personnelle particulière pour moi, car il fut la seule figure afro-américaine majeure du Black Power que je peux dire que je connaissais personnellement. Nous étions contemporains à la «Tranquillity Boys’ Intermediate School». Je l'ai rencontré à Londres en 1967 et vu comment il, inaugura l'ère Black Power en Angleterre, quasiment seul. Nous avons tous deux assisté au onzième congrès du Parti démocratique de Guinée de Sekou Toure à Conakry en 1978. J'ai eu le privilège de le présenter quand il ouvrit la série de conférences du Comité de soutien pour l'émancipation à Port of Spain en 1996. Au fil des années, nos chemins se sont croisés à Boston, au Guyana et peut-être à d'autres endroits dont je ne me souviens plus. J'ai enseigné son ouvrage classique, Black Power, dans mes cours durant plus de deux décennies.

Kwame Toure était charmant et courtois. Énergique et sans compromis dans la lutte, il était doux et sans prétention, à l'écart des projecteurs. Le magnétisme de sa personnalité était cependant une constante. Que ce soit par la plate-forme public ou en privé, ceux qui le connurent savaient qu'ils étaient en présence d'une grande figure historique.

Puissent les ancêtres l'accueillir et que son nom puisse toujours être révéré là où les peuples aspirent à la liberté, la justice et l'égalité.



~ Tony Martin


Traduction : Franswa Makandal