lundi 10 novembre 2014

AUTOPSIE DE L'INTEGRATIONISME NOIR EN OCCIDENT FRANCOPHONE

 
la nouvelle génération intégrationise.
Rokhaya Diallo, Lilian Thuram, et François Durpaire.

D'un point de vue anthropologique, lorsqu'une minorité ethnique vit aux côtés d'une majorité lui étant culturellement étrangère, elle fait face à deux options:

- Appliquer l'intégrationnisme forcené dans une volonté de se faire accepter de la majorité avec laquelle elle cohabite.

- Produire une démarche d'autodétermination communautaire, dans un but de s'épanouir par elle même et pour elle même, sans tenir compte de la vision qu'a d'elle la majorité ethnique du pays dans lequel elle vit.

 
Dominique Sopo, de SOS RACISME...

Historiquement,les chinois diasporiques par exemple, ont opté pour la deuxième solution, se construisant économiquement eux mêmes, en mettant en place des commerces ouverts au monde, mais toujours dirigés (devant ou derrière les coulisses) par des membres de leur communauté. La solidarité, (malgré les scansions internes présentes car inhérentes à toutes vies communautaires ) a toujours été le maître mot dans l'organisation de leur vie en société. Le succès de l'un d'entre eux, était, et demeure toujours le succès de tous, dans l'esprit de leur matrice logistique communiste.
 
Autre fait notable, cette communauté n'exige que très peu d'être représentée dans les médias ou la classe politique du pays dans lequel elle vit, (les demandes de quotas émanant de cette communauté faisant office d'exception ), ces derniers ayant un paradigme profondément différent des canons occidentaux.

 
Taubira, accompagné de ses nouveaux amis...On préférait les indépendantistes de Guyane et son ex mari LE BRAVE RÉVOLUTIONNAIRE ROLAND DELANON......

Tout en respectant le pays dans lequel ils vivent (dans la mesure du possible), ils construisent leurs propres médias,leurs propres sociétés. Bien sûr , il existe des excès dans certaines de leurs pratiques, et il ne s'agit pas dans cet article d'idéaliser une communauté, qui même si elle est efficace, est loin de la perfection à laquelle nous pouvons collectivement aspirer.
Mais l’efficience de sa façon de fonctionner, son rapport intrinsèquement fort à la terre d'origine (la CHINE) est l'élément qui doit, dans notre esprit, demeurer prépondérant dans la réflexion que nous nous faisons de la vie d'une diaspora en Occident.

Diamétralement opposé à la stratégie chinoise, la communauté afro-diasporique a opté (à travers ses têtes pensantes) depuis plus de 50 ans pour l'intégrationisme dans la société occidentale via la promotion de l'individualisme forcené, corollaire obligatoire du capitalisme.

Prenant systématiquement l'Homme blanc pour baromètre (et parfois pour Maître...), la majeure partie constituant le "clan" des personnages publics de notre communauté a toujours à 90% du temps, opté pour une solution de dilution politique dans le camp dominant, jouant la partition du domino intellectuel, et oubliant malheureusement que par définition une minorité qui se fond dans la majorité est toujours vouée à la disparition si elle n'est pas solidement cramponnée à ses traditions.

 
Hapasatou Sy, "l'entrepreneuse" et son compagnon.

A contrario, la partie de la minorité afro-diasporique prônant la solidarité communautaire et l'auto-determination a toujours été diabolisée, ostracisée,qualifiée pour la "noirgeoisie" d’extrémiste racialiste, opposée à l'universalisme, et ce jusqu'à la fin du 20ème siècle.

Mais il semble que le rapport de force ait changé dans la diaspora francophone en ce début de nouveau millénaire.

La masse, qui suivait auparavant sans rien dire les figures intègres-à-sionistes de la communauté tend désormais à désavouer progressivement ceux qui ont cru bon de penser que l'amélioration de notre situation était liée à notre degré de soumission (ou de compromission) à l'oligarchie occidentale.

L'apparition de la crise économique des années 2000, mêlée à l'accélération du processus de mise en place du Nouvel Ordre mondial a eu comme effet d’éveiller bon nombre d'afro-descendants de la rue aux questions fondamentales géopolitiques.

Ainsi ces derniers ont compris peu à peu la nécessité de l'enracinement, à sa communauté dans un premier temps, et in fine, si possible, à la terre d'origine.

De facto, les personnalités afros qui percent dans le système (et qui les 3/4 du temps, se font "percer" pour être acceptée par l'élite) sont aujourd'hui, désavoués par le peuple afro diasporique de la rue (le prolétaire qui au sein de la minorité nègre, est au final majoritaire).

Ceux qui auparavant, étaient vus comme des dieux de l'Olympe car ils travaillaient dans les médias de la plantation, ou dans les partis politiques tenus par le Maitre Rotschild (le système capitaliste) sont aujourd'hui par le peuple du bitume,régulièrement conspués, voués aux gémonies, traités avec mépris, pour leur trahison et leur félonie.

Car la rue à compris que l'on a beau briller dans la matrice occidentale, être un sublime journaliste ou politicien dans le camp colonial, on ne fera toujours que lire le prompteur...

Bien sûr, ces tigres de papiers trouvent encore une minorité qui dans la masse, veut encore leur ressembler, quitte s'il le faut à s'étaler dans le lit idéologique du maître...

Mais la volonté d'auto-détermination est si forte,qu'il sera désormais difficile, de lui faire croire que le salut ne passera pas par le développement des siens d'abord, surtout lorsque l'on voit que les groupes Humains qui réussissent, sont ceux qui agissent en communauté, et ce depuis la nuit des temps.

Il appartiendra aux nouvelles générations de ce nouveau millénaire, de définitivement enterrer politiquement ce courant intégrationniste, noyé dans la soumission, et imposer comme norme l'auto-détermination communautaire des nôtres, rappelant la phrase fort à propos du savant gabonais Grégoire Biyogo qui stipule, je cite :"de l'exclusion naît la volonté de se constituer sa propre puissance.

A méditer...

Kemi Seba, écrivain, chroniqueur politique TV et conférencier spécialisé sur les questions du panafricanisme et de la négritude.