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jeudi 14 juillet 2016

Construire pour les nôtres plutôt que de célébrer pour les autres


Nous sommes noir(e)s et patriotes ? Nous ne raterions les célébrations de la fêtes nationale françaises pour rien au monde ? Mais au fait, qu'avons nous réellement à célébrer ce jour là ? 


C'est un énième jour chômé sans aucun lien que ce soit avec notre paradigme culturel, ni encore moins avec une quelconque réalité historique nous concernant. En effet, le "14 juillet" est la commémoration de la prise de la Bastille le 14 Juillet 1789, symbole de la fin de la Monarchie absolue et de ses entorses à la justice, à l'égalité et à la liberté. A bien y réfléchir, le 14 Juillet 1789 était plus ou moins identique au 13 et au 15 Juillet pour nos ancêtres déportés depuis l'Afrique et réduit en esclavage aux Amériques ni pour ceux qui connurent les horreurs de la Colonisation française. Marianne * à "rarement" reconnu en nous des égaux... N'est-ce pas le même drapeau tricolore qui flotte dans les rues en ce jour de célébration nationale que celui qui flottait sur les plantocraties inhumaines de la Guyane, de la Guadeloupe ou de la Réunion, etc ? Le bleu, le blanc et le rouge ne sont-elles pas les couleurs de l'Empire colonial français ?

La recrudescence de "Nègros Fragiles" dans les milieux politiques, sportifs, économiques ou encore celui du divertissement et des me(r)dia, ne devrait pas nous leurrer en nous faisant croire que nous serions subitement devenus des citoyens à part entière. Est-ce suffisant pour nous sentir attaché au drapeau français ? Je ne le pense pas !!! Le racisme structurel de la République et son lot de discriminations, la politique néo-coloniale Françafricaine, la présence militaire sur nos terres, le franc CFA, la pwofitasyon des descendants d'esclavagistes dans les caraïbes, et tant d'autres réalités factuelles devraient nous en dissuader. 

L'heure est à la construction pour le bien-être des nôtres, non pas à la célébration des mensonges des autres !!! 

Agissons Noir&Fièrement afin de faire progresser notre communauté et cela peut importe la date ou l'événement !!!


Panafricainement votre

F.MAKANDAL


*Figure allégorie de la République française

mercredi 20 avril 2016

Le panafricanisme comme principe d'organisation


Il existe au sein de la communauté noire de France et parmi les populations africaines en générale un problème qu'il nous faut urgemment résoudre si nous souhaitons nous engager correctement sur le chemin de l'élévation politique, économique, culturelle et sociale. Ce problème c'est notre désorganisation chronique. En effet, comment faire progresser notre communauté et lui garantir le bien-être, à plus forte raison dans un environnement hostile, si nous ne somme pas organisés, disciplinés, structurés ?

Selon le dictionnaire (un livre que nous devrions tous avoir à portée de main pour éviter de raconter n'importe quoi), "organiser" c'est s'occuper de chacun des éléments d'un ensemble de façon à constituer un tout cohérent et adapté à sa destination.

L'organisation suppose donc la présence d'un organisateur et d'une activité à organiser. Beaucoup d'entre nous se réunissent régulièrement à l’église, au temple, à la mosquée, se rassemblent dans des événements de divers types, et disent appartenir à des organisations. Cependant, nous nous trouvons encore trop désorganisé à l'échelle communautaire.

Dans le genre d'environnement dans lequel nous vivons, dans un système discriminatoire qui manque régulièrement de respect aux noirs, dans une société rongée par les préjugés racistes qui a du mal à accepter le Noir en tant que citoyen à part, nous ne pourrons pas avancer à moins que nous n'adoptions une démarche de panafricaine. De plus nous n'avancerons pas, même avec le panafricanisme, si nous échouons à nous organiser correctement.

Beaucoup de nos grands leaders nous a apporté un haut degré de panafricanisme et également un haut degré d'organisation communautaire. Par exemple, Marcus Garvey, précurseur du panafricanisme et chantre de l’union des noirs du monde entier, nous a offert avec  l'UNIA notamment, un haut degré d'organisation communautaire. Elijah Muhammad, qui dirigea, orienta et fit prospérer la Nation Of Islam  de 1934 et 1975, nous a offert un haut degré d'organisation communautaire. Bobby Seale et Huey P. Newton, fondateurs du mouvement ô combien révolutionnaire Black Panther Party for Self-Defense nous ont offert un haut degré d'organisation communautaire. Le Dr. Kwame Nkrumah, père de l'indépendance Ghanéenne en créant en 1968, afin de lutter contre le colonialisme, le néo-colonialisme, le sionisme, l'impérialisme et toutes les formes d'oppression et d'exploitation  capitaliste, le "All-African People's Revolutionary Party" nous a offert un haut degré d'organisation communautaire. Je pourrais continuer comme cela durant des semaines tant les exemples sont nombreux. L'élévation communautaire et la désorganisation sont incompatibles. S'il y a organisation, il y a de facto élévation communautaire.

Il ne suffit pas de réunir plusieurs Noirs dans une pièce pour être considéré comme une organisation. Pour bâtir une communauté solide, chacun d'entre nous doit chercher à se solidifier (politiquement, économiquement, culturellement, socialement et moralement). C'est en devenant de véritables "Négros Solides" et en nous regroupant autour d'un agent organisateur capable de planifier, de nous structurer, de faire de nous les rouages efficaces d'une mécanique de précision dévolue à notre élévation, que nous serons assurément organisés.

Nous organiser n'implique pas que nous devions diluer nos particularités (langues, système de valeurs, traditions, croyances). Chacune des composantes de notre communauté est unique. Il ne s'agit pas de perdre nos spécificités pour s'organiser communautairement, mais de les développer en adéquation avec le panafricanisme, afin que chacun puisse trouver sa place et contribuer à notre bien-être collectif.

Des générations de noirs se sont efforcées de s'organiser, notamment depuis l'époque où nos pères furent asservis puis colonisés. Ils avaient compris qu'ils ne pourraient rien faire individuellement, qu'ils avaient besoin d'œuvrer collectivement afin d'accomplir une tâche qui en valait la peine. C'est d'ailleurs ce que nous enseigne la sagesse africaine à travers le fameux adage affirmant que "Seul, on va plus vite; Ensemble, on va plus loin " !!!

Ne nous laissons pas non plus emporter par notre ego ou le dogmatisme, car c'est la meilleure manière de ne plus être en mesure de saisir la nécessité de nous unir, de nous lier avec nos frères et sœurs malgré leurs différences.

Si vous et moi, ne parvenons pas à accepter et à dépasser nos différences, nous ne parviendrons jamais à nous organiser au-delà de notre ressemblance et serons condamné à rester au niveau zéro d’organisations communautaire simples, incapables d'agir dans l'intérêt supérieur de notre communauté. Nous resterons faibles et divisés, exploités et opprimés par des hommes et des femmes puissants qui, eux, ont compris le principe de l'organisation et son importance.

Si nous voulons vraiment être libre, si nous voulons vraiment être les maîtres de notre propre destinée, si nous voulons vraiment être autodéterminés, alors l'organisation communautaire doit aller de pair avec ce désir, et le panafricanisme doit être notre GPS afin que nous puissions accomplir ce que nous souhaitons.


Panafricainement Votre, Franswa Makandal

mardi 22 décembre 2015

La Philosophie de Kwanzaa

Qu’est-ce que Kwanzaa ?



Kwanzaa tire son essence de la notion de famille ainsi que de la culture et la sagesse Africaine.

La célébration annuelle de Kwanzaa a pour but de réaffirmer les liens indestructibles entre l’Afrique et toute sa diaspora à travers le monde.

D’où vient le mot Kwanzaa? Kwanzaa est un mot de la langue Swahili qui signifie «premiers fruits».

Sur quoi est basée cette fête? Kwanzaa se réfère à ces fêtes agricoles qui suivent communément les récoltes, et donnent lieu aux réunions de famille, au souvenir des ancêtres, à l’expression de notre culture traditionnelle de base.


Sur quoi s’appuie Kwanzaa? Kwanzaa est centré autour de 7 Principes fondamentaux appelés en Swahili, Nguzo Saba ; ces principes sont :

  • Umoja (Unité) : Ce principe nous invite à Créer et maintenir l’unité au sein de la famille, de la communauté, de la Nation.
  • Kujichagulia (Auto-détermination) : Ce principe est essentiel ; il s’agit pour nous d’ Avoir la volonté et surtout le courage de se définir par nous-mêmes, créer et parler par nous-mêmes, décider de ce qui est bon ou mauvais pour nous-mêmes par nous-mêmes et ne pas laisser aux autres l’opportunité, même la plus désintéressée, le faire à notre place.
  • Ujima (Travail collectif et Responsabilité) : Nous devons Apprendre à construire et à maintenir notre communauté soudée ; se soucier des problèmes de nos frères et de nos sœurs pour les aider à les résoudre.
  • Ujamaa (Coopération économique) : Ce principe est fondamental car nous devons Construire et faire fructifier nos entreprises, nos commerces et nos affaires ensembles ; utiliser notre force économique collective pour le bénéfice de la communauté toute entière.
  • Nia (But) : Préserver l’héritage de nos ancêtres. Le but nous appelle tous et toutes à découvrir notre mission dans la vie et comment cette mission sera profitable à toute la communauté.
  • Kuumba (Créativité) : Utiliser nos talents individuels, notre génie, notre imagination et notre créativité pour construire l’harmonie, la beauté et des richesses dans nos communautés.
  • Imani (Foi) : Avoir confiance en nous-mêmes, en nos familles, en nos ancêtres et en nos communautés en dépit de toutes les adversités, en dépit de tous les obstacles et croire en notre réussite, notre prospérité et la justesse de notre lutte.

Quels sont les symboles de Kwanzaa ?


Comme toute célébration, Kwanzaa a également ses symboles :
  • La coupe de l'Unité (Kikombe cha Umoja)
  • Le bougeoir à sept branches (Kinara), chacune de ces branches représente un des sept principes fondamentaux.
  • L'épi de maïs (Muhindi)
  • Les présents (Zawadi)
  • Le drapeau (Bendera), du nationalisme Noir, ses couleurs sont le Rouge, le Noir et le Vert. Le Jaune peut compléter ces trois couleurs et symboblise l’Or et la Richesse.

Symboles complémentaires :

  • Des statues en bois ou éventuellement d’autres objets représentant l’art et la créativité africaine.
  • Quelques livres qui comptent pour nous et qui symbolisent notre engagement à apprendre et notre attachement à notre héritage.

L'histoire de Kwanzaa

Comment et où est née la fête Kwanzaa ?


La célébration de Kwanzaa fut «élaborée» en 1966 par le professeur africain-américain Maulana Karenga. Il militait avec bien d’autres africains-américains pour la reconnaissance des droits civiques des Noirs dans les années 1960.

La lutte fut dure pour tous les Noirs à travers le monde ; Karenga décida de faire quelque chose pour promouvoir et réaffirmer les liens entre les Noirs des Amériques et d’Afrique.


C’est dans ce contexte du mouvement de lutte pour la liberté et la dignité des Noirs aux USA qu’il crée cette célébration, un concept conçu par les Noirs, qui parle aux Noirs comme à un peuple uni et fort, qui réaffirme les racines africaines de toutes les communautés Noires dans le monde.


Comment célébrer Kwanzaa ?


La période de Kwanzaa est une période de fête et d’allégresse. Cette période se prépare ; il est nécessaire de s’y prendre suffisamment tôt et le mieux est de faire une liste des articles qui vous seront nécessaire.

Les éléments


  • un bougeoir à 7 branches (Kinara, en bois ou en métal) - A ne pas confondre avec d’autres objets de cultes utilisés par d’autres communautés.
  • 7 bougies (Saba de Mishumaa, à trouver dans les petites échoppent qui vendent les objets de cultes) :
  • une noire : la bougie noire est placée au centre du Kinara.
  • trois rouge : elles représentent les principes Auto-détermination,Coopération économique et Créativité et sont placées à gauche de la bougie noire.
  • trois verte : elles représentent les principes Travail collectif et responsabilité, But et Foi et sont placées à droite de la bougie noire.
  • une coupe - la coupe qui symbolise l’Unité
  • une natte (Mkeka) - Bien que la paille soit suggérée parce qu’elle est une matière traditionnelle, le tissu peut parfaitement être utilisé, il faut simplement qu’il soit d’inspiration africaine (bogolan, wax...). C’est sur cette natte que sont placés tous les autres objets et symbolise la tradition en tant que fondation.
  • des épis de maïs (Muhindi) - ils symbolisent le nombre d’enfants de votre foyer destinés à perpétuer la tradition et représentant notre avenir... Peu importe leur nombre car dans la tradition africaine, l’enfant appartient à tous et chaque adulte est considéré comme un parent immédiat ou social.
  • des cadeaux (Zawadi) : offrir des présents enrichi celui qui offre.
  • un assortiment de fruits (à pépins particulièrement) et légumes frais(Mazao) : oranges, citrons, mangues, bananes, fruits de la passion, .... ignames, bananes plantain, patates douces....

Tous ces éléments vont vous permettre alors de dresser un petit autel à un endroit que vous aurez choisi dans la pièce principale de votre appartement, de votre maison ou de n’importe quel lieu où vous aurez décidé de fêter Kwanzaa.

Pour préparer la célébration :


  • Recouvrir votre table du Bendera. Puis poser en son centre votre Mkeka.
  • Placez au centre de la Mkeka, le Kinara et le Mishumaa Saba.
  • Placez ensuite la Kikombe cha Umoja. C’est avec elle que vous allez procéder à la libation aux ancêtres pour honorer leur souvenir.
  • Disposer les Mazao et les Muhindi.
  • Terminer en installant les livres et les statues ou objets d’art auquels vous tenez particulièrement.

Quant aux Zawadi ils sont plutôt offerts le dernier jour de la célébration et disposer au pied de l’autel.

Le cérémonial


Il est important que nous arrivions à une célébration de Kwanzaa avec un bon état d’esprit, avec un profond respect pour ses valeurs, ses symboles et ses pratiques et ne rien faire qui viole son intégrité.


En second lieu, nous ne devons pas associer les périodes de congés ou les symboles, les valeurs et les pratiques de Kwanzaa avec ceux d’autres cultures. Ceci irait à l’encontre du principe Auto-détermination (Kujichagulia).

  • Une fois que votre autel est prêt, la famille et/ou les amis se rassemblent le premier jour pour allumer la première bougie correspondant au principe du jour :
  • Le 26 décembre nous allumons la bougie noire Unité ;
  • Le 27 décembre nous allumons la bougie noire Unité et la bougie rouge Auto-détermination ;
  • Le 28 décembre nous allumons la bougie noire Unité, la bougie rouge Auto-détermination puis la bougie verte Travail collectif et Responsabilité et ainsi de suite en alternant de gauche à droite, rouge et vert jusqu’au 1er de l’an.
  • Pendant que la bougie est allumée, le principe du jour est discuté ; chacun peut dire ce que signifie le principe pour lui et comment il l’a pratiqué pendant la journée ou l’année. Après cet échange, chacun fait vœu de pratiquer ce principe tout au long de l’année qui vient.
  • S’ensuit d’autres activités que vous aurez pris soin d’organiser avant telles que : 
  • la lecture de textes (littérature, poésie écrites par des auteurs appartenant à la culture africaine/caraibéenne 
  • et/ou la danse 
  • et/ou le chant 
  • et/ou la musique 
  • et/ou des activités de créations autour de Kwanzaa (dessins, coloriage...)

Lorsque le moment du partage du repas arrive :

Procéder aux libations avec la Kikombe cha Umoja et veillez à préparer un plat et de la boisson pour les ancêtres ; seulement après, les mets, qui auront été autant que possible confectionné par chacun, peuvent être consommés par l’assistance.


La célébration de Kwanzaa se termine le premier jour de la nouvelle année. Vient alors pour nous le temps de trouver une réponse à trois questions fondamentales :

  • Qui suis-je ? 
  • Suis-je vraiment ce que je dis que je suis ? 
  • Suis-je tout ce que je souhaite être ?

En définitive ce dernier jour est un moment de réflexion et de recentrage sur soi afin d’aborder au mieux le nouveau cycle qui va commencer.

Source : http://www.kwanzaa-apck.com/

mercredi 16 décembre 2015

Le panafricanisme : relocalisation sémantique


« L’un des mérites de notre époque, est d’avoir dépassé l’opposition jadis irréductible, et sur laquelle butaient tous les savants, entre science et politique. La politique est devenue une science autant que la science est fondamentalement politique, au sens où l’une comme l’autre s’attachent d’abord à mesurer et à calculer des hypothèses pour réduire les erreurs dans nos choix, rationaliser nos décisions et nos lois, et pour construire un avenir choisi et non subi. (…) C’est pour cette raison qu’il convient de corriger toute forme de séparation radicale entre la science et l ’art de conduire les affaires de la Cité. C’est que politique et science ont ici une seule et même préoccupation », 
Grégoire Biyogo, Omar Bongo Ondimba, l’Insoumis ?, p. 9, Editions l’Harmattan Gabon, Collection Recherche & Pédagogie, 2008.

Dans une précédente communication, nous avions apporté un certain éclairage sur la compréhension de la « révolution » dans la doctrine shabazziya: Cette perception,cette acception qui nous est propre fait de cette notion, non pas un germe comme se l’imaginent les 85%, mais un fruit ; non pas une cause mais une conséquence.

Ceci n’empêchant pas cela, il est entendu bien évidemment que le fruit possède en puissance le germe, de même que toute conséquence contient potentiellement en gésine une cause en devenir. Cette révolution sémantique, atoumologique que nous avons entamé dans cette catéchèse shabazzienne se poursuit avec l’endoscopie d’une autre donnée d’ordre idéologique, cette fois-ci, dont la portée est loin d’être négligeable.

En effet, à l’heure où l’on célèbre, bon gré mal gré, en Occident le crépuscule des idéologies avec la mort du 20ème siècle qui a emporté dans son cortège funèbre le communisme et son avers le libéralisme, le nazisme et son pendant le fascisme,l’athéisme et son compagnon de déboire le nihilisme, l’existentialisme et son partenaire dégénérescent qu’est le féminisme, le Monde noir ou la Mélanodermie (plus de 90% de la population mondiale) voit fleurir dans ses rangs forces pensées, forces idéologies, forces tendances et concepts à mêmes de soutenir de façon pérenne son redressement, sa résurrection (dans le sens étymologique du terme), son rétablissement, sa réémergence définitive.

Ces courants et schémas de pensées qui s’originisent au sein même du peuple originel arrivent enfin à maturation, pour un certain nombre d’entre eux, avec la fin de la première décennie du 21ème siècle. Tel est le cas, par exemple, du panafricanisme [1] qui fête en cette année 2013 sa 113ème  année d’existence. Et quand nous disons existence, nous faisons allusion, non pas à son origine, qui remonte bien avant le 19ème siècle avec des personnages divers comme le richissime « émigrationiste [2] » Paul Cuffee (1759-1817), l’évêque méthodiste Daniel Coker (1780-1846) ou encore le plus célèbre des épistoliers méconnus à savoir le militant pour le rapatriement Abraham Camp[3] ; mais à son commencement, son officialisation, sa manifestation physique, sa sortie du bois secret qui s’est traduite par l’organisation en 1900, au Westminster Town Hall (donc avec l’autorisation de l’archevêque de Londres), de la 1ère Conférence Internationale de l’Association Africaine (fondée en 1897) présidée par l’avocat trinidadien Henry Sylvester Williams (1869-1911), qui de l’avis de nombreux historiens sérieux, dont Fulbert Sassou Atisso, fut l’inventeur du terme « panafricanisme » :

« Il [Henry Sylvester Williams] fut l’inventeur du terme « panafricanisme » qui finit par supplanter celui de « panégrisme » cher à W.E.B. DuBois [4] »

A la suite de ce coup d’envoi virent jour cinq Congrès Panafricains (1919, 1921, 1927, 1937, 1945) où se succédèrent à leurs tribunes d’illustres noms comme ceux de W.E.B DuBois, de Blaise Ndiaye, de George Padmore et bien d’autres encore tombés dans la confidentialité de l’Histoire mais dont l’apport pour cette lutte est on ne peut plus estimable. Nous pensons, pour ne citer que quelques exemples, à un des plus prestigieux participants du dernier Congrès Panafricain (1945, Manchester, Grande Bretagne) en la personne de Sa Majesté Royale l’Agofé Atabua, souverain du Royaume de Lado [5] (en Afrique Centrale) et dont la capitale Arua fut la première capitale du panafricanisme. Il avait notamment pour secrétaire général Kwamé Nkrumah et pour secrétaire général adjoint Jomo Kenyatta dont l’Histoire retiendra leur contribution décisive dans le combat contre le colonialisme occidental. 

Nous pensons aussi au panafricain d’origine indienne Saklatvala Shapurji [6] (1874-1936) dont l’engagement politique pour la justice sociale a été fort remarquable et fort remarquée à la Chambre des Communes britannique dont il fut un des parlementaires.

Plus de 110 ans après cet événement majeur [Conférence de l’Association Africaine]  dans l’Histoire de la Mélanodermie, il nous apparaissait urgent de diriger à nouveau les projecteurs sur cet idéal, cette idée fondatrice, cette pensée galvanisatrice qu’est le panafricanisme.

Il se trouve que l’outil étymologique segmente ce terme (=panafricanisme) en trois parties distinctes composées d’un préfixe (pan-), d’un radical (afrique) et d’un suffixe (-isme).Le suffixe « isme » est utilisé pour la formation d’une notion idéologique, d’un courant de pensée, d’une dynamique éthologique. Le préfixe « pan » sert à désigner l’idée de globalité, de tout, de l’ensemble. Pour ce qui est du radical« Afrique » nous ne développerons pas dans cet article une étude atoumologique à son sujet.

Ainsi donc le panafricanisme serait une idéologie politique, à l’instar du consciencisme, du mobutisme, du houphouëtisme, du prophétisme des églises du réveil et autres innovations politiques développées, ici et là, en Afrique par ses leaders tout au long du 20ème siècle.
Qui dit idéologie dit forcément cohérence intellectuelle, solidarité organique des concepts la constituant et continuité de la pensée l’ayant accouchée. Or, la singularité de cette idéologie qu’est le panafricanisme réside dans sa discontinuité, dans sa non-solidarité organique et son incohérence à bien des égards.

Il est tacitement convenu que l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) qui célèbre en cette année 2013 le cinquième anniversaire de sa fondation en 1963 à Adis-Abéba (Ethiopie) aurait été un instrument du panafricanisme. Il est aussi consensuellement soutenu que l’Union Africaine (UA) qui a pris naissance en 2002 à Syrte (Libye) sous l’impulsion du feu Roi des rois de la tradition Africaine, le Guide Mouammar al-Gadhafi, serait aussi un outil du panafricanisme.

Comment deux réalités si différentes peuvent être géographisées sous le même vocable ? A l’intérieur même de ces deux organisations (OUA et UA), les leaders panafricains y partagent des opinions politiques, économiques, stratégiques, et culturelles diamétralement opposés.

Quelle solidarité organique entre un Wade, qui se dit panafricain, et un Gadhafi qui se définissait comme panafricain ? Quelle cohérence intellectuelle entre un Rawlings qui appliqua au Ghana le libéralisme économique et un Nyerere qui adopta la doctrine économique socialisante pour la Tanzanie? Pourtant les deux se réclament du panafricanisme.

Quelle continuité culturelle entre un Boganda qui invite à une République Latino-Centrafricaine et un Atabua défenseur d’un régime royaliste ? Pourtant ils sont tous deux des figures marquantes du panafricanisme dans la région de l’Afrique Equatoriale.

Quel rapport entre un Garvey « l’émigrationiste » et DuBois « l’intégrationiste » ? Pourtant les deux sont deux monuments incontournables du panafricanisme ?

Ainsi l’on comprend que les échecs successifs des différentes institutions, des différents programmes et tentatives à caractère panafricain trouvent un de leurs points faibles majeurs, une de leur fragilités névralgiques, une de leur inconsistances éliminatoires, une de leurs instabilités déséquilibrantes non pas forcément dans le manque d’épaisseur de leurs porte-étendard mais dans le cœur même du panafricanisme. Ce ne sont pas forcément les hommes qui ont failli, mais plus justement leurs idéologies qui, à notre sens, étaient inappropriées.

De la même manière que dans la première moitié du 20ème siècle une partie du monde a considéré le marxisme comme un outil idéologique, philosophique, politique, culturelle, militaire au service de la lutte des classes, le panafricanisme se doit d’être un outil pour la réémergence, le redressement, la résurrection  du peuple originel.

Sous quelle forme devrait alors se matérialiser, en 2013, cet outil pour se montrer le plus efficient dans l’atteinte des objectifs pré-fixés ? Formuler différemment, l’on pourrait dire, quelle(s) forme(s) le panafricanisme ne devrait-il plus adopter pour le bien de la dynamique de l’Histoire des Africains ?

Pour répondre à cela nous disons que la faille du panafricanisme c’est de s’être présenté au monde sous le manteau d’une doctrine, d’un courant de pensée, d’une option politique et non sous celui d’un corps de sciences constitués.

Pour atteindre ses objectifs tout en conciliant les inévitables divergences doctrinales internes, le panafricanisme se doit de se constituer dès aujourd’hui en science au même titre que la stratégie, la géopolitique, ou encore la polémologie.

Nous disons qu’à partir de 2013, le panafricanisme ne devrait présenter qu’un seul visage, à savoir celui d’une discipline scientifiquement établie dont l’objet serait l’Afrique et les sujets d’études seraient aussi variés que la géographie, l’économie, la sociologie, la théologie et bien d’autres encore. Ainsi, cette nouvelle science serait traversée par des doctrines, des courants de pensée comme c’est le cas dans d’autres sciences. Si l’on prend le cas de la géopolitique américaine, l’on trouvera dans son corpus la doctrine Monroe, chez les Chinois la doctrine du« collier de perle », ou chez les Zoulous de l’Empereur Shaka Zulu la doctrine Mfécane.

Le panafricain d’aujourd’hui désormais se présente aux yeux du monde comme un scientifique fin connaisseur et grand utilisateur des moyens techniques que proposent les mathématiques (statistiques, analyse, algèbre booléen, etc.), les sciences physiques, la télédétection, l’histoire, la communication, etc. pour l’élaboration de son option, de son courant de pensée.

Avec cette nouvelle conception du panafricanisme, nous en élevons le degré d’exigence, car en en faisant une science cela obligera tout un chacun à s’armer intellectuellement, à se muscler technologiquement et à briller pragmatiquement. L’on ne peut plus à ce jour se proclamer panafricain seulement parce que l’on porte un T-shirt à l’effigie d’une grande figure de l’Histoire africaine, mais parce que l’on a d’abord étudié profondément cette science, que l’on a adopté un de ses courants que l’on nourrit et enrichit par nos contributions, par nos apports intellectuels et autres et surtout parce que l’on participe effectivement à la concrétisation, à la matérialisation du courant de pensée panafricain qui est le nôtre.

Ainsi, pour prendre notre cas, notre doctrine panafricaine est désignée sous le vocable de « géo-panafricanisme d’expansion » ou« doctrine Shabazz ». Cette option panafricaine se caractérise par une pensée économique khépériste, une vision politique intégralement monarchique, une géographie expansionniste, une philosophie chtonienne et empiriste.

Comme nous le voyons, il ne suffira plus de se proclamer panafricain pour l’être mais se former scientifiquement pour le devenir. Du coup, l’invite du feu Pr Cheikh Anta Diop prend tout son sens quand il nous disait « Armez-vous de sciences jusqu’aux dents ». En somme, ce qu’il dit pourrait se traduire par « armez-vous de la science panafricaine jusqu’aux dents ».

Il est donc temps que les écoles du panafricanisme se structurent pour dégager leurs doctrines respectives, former leurs scientifiques, mettre en pratique leur vision panafricaine. L’heure est venue pour les scientifiques du panafricanisme de faire preuve d’opérabilité, de fonctionnalité. Car c’est à l’aune de leur impact positif sur l’Afrique que seront désormais mesurer les différentes doctrines panafricaines et non au nombre d’années passées en prison, ni au taux de popularité post-mortem, ni à la place dans le classement des Institutions Financières Internationales (Banque Mondiale, Fond Monétaire Internationale, etc), et autres critérium incongrus tant vantés par la communauté dite panafricaine. Le panafricanisme est une science et les panafricains des scientifiques.

TAHERUKA SHABAZZ, Maître de l’Ecole Shabazziya


[1] Sur l’étude du panafricanisme primitif consulter avec profit l’ouvrage d’Oruna D.Lara, « La naissance du Panafricanisme. Les racines caraïbes, américaines et africaines du mouvement au XIXème siècle. », Maisonneuve &Larose, 2000. Il est de très loin le meilleur ouvrage consultable en langue française.

[2] Sur les différents courants émigrationnistes et intégrationnistes consulter ces documents. Nous avons met la focale sur James Forten, car nous estimons qu’il est un personnage important devrait gagner à être plus connu :

Wilson Jeremiah Moses, “Classical Black Nationalism: from the American Revolution to Marcus Garvey”, p. 48 (James Forten); James H. Sweet, “Recreating Africa: Culture, Kinship and Religion in the African-Portuguese World, 1441-1770”; Dorothy Porter, “Early Negro Writing 1760-1837”, p. 250 (James Forten); Julie Winch, professeur à l’Université de Massachusetts (Boston), “A Gentleman of color: the life of James Forten”; Ousmane Kitumu Greene, “Against Wind and Tide: African American’s Response to the Colonization Movement and Emigration, 1770-1865”

[3] Sur l’étude du cas d’Abraham Camp nous suggérons cette bibliographie suivante :Great Britain Parliament, House of Commons, “Parliamentary Papers, House of Commons and Command, Volume 27”,page 26; David B. Davis, “Antebellum American Culture; An Interpretative Anthology”, page 284 ; Oscar Reiss, “Blacks in Colonial America”,page 150. Ce dernier ouvrage nous donne également à découvrir d’autres émigrationistes africain-américain du début du 19ème siècle.

[4] Fulbert Sassou Atisso, De l’Unité Africaine de N’Krumah à l’Union Africaine deKadhafi, p. 66, Editions ; le propos se retrouve également chez Cécile Laronce qui lui attribue la paternité du terme : « On considère que c’est lui [Henry Sylvester Williams] qui introduit le concept de panafricanisme », Cécile Laronce, N’Krumah, le Panafricanisme et les Etats Unis, p. 24 ; Editions. Consulter également Arika Sherwood, “Origins of Pan-Africanism: Henry Sylvester Williams and the African Diaspora” qui est un meilleur ouvrage sur le père du panafricanisme primitive.

[5] Ce royaume de Lado et son souverain l’Agofé Atabua son sommairement traités dans cet ouvrage de Mawut Achiecque Mach Guarak, “Integration and Fragmentation of the Sudan: An African Renaissance”,p. 178

[6] Une petite bibliographie pour commencer à faire connaissance avec Salatvala Shapurji : Amouzou Essé, “Mouammar Kadhafi et la réalisation de l’Union Africaine”, p.103 ;C.L. Innes, « A history of Black and Asian wrinting in Britain : 1700-2000 », p. 264 ; J. Ayodélé Langley,“Pan-Africanism and nationalism in WestAfrica, 1900-1945: A study in ideology and social classes”, pp. 75,310, ClarendonPress, 1973, 421 pages ; George Padmore, “Panafricanism or Communism?: the coming struggle for Africa”, pp.328, 461, D. Dobson, 1956, 463 pages

jeudi 26 novembre 2015

Entre la soumission à George Soros et celle aux dictateurs africains, il existe une 3ème voie



Entre la cooptation de la jeunesse africaine par les réseaux Soros et la soumission de bon nombre d'activistes aux dictateurs africains sous couvert de solidarité africaine, il existe une 3EME VOIE, celle de la RÉSISTANCE aux oppresseurs NOIRS et aux CORRUPTEURS BLANCS.

Le scientifique est celui qui expérimente, en vue de vérifier une théorie, ou au mieux, d'en créer une à partir de ce qu'il a testé.

Mon travail politique depuis 15 ans, m'a amené de l'activisme noir en banlieue française à l'analyse géopolitique dans les médias africains tout en écrivant mes pensées dans des ouvrages liés à la conscience noire 15 ans plus tard. Je remercie les ancêtres de me maintenir en vie malgré toutes les épreuves que j'ai eu à traverser (prison, surveillance des services européens etc), et surtout, je les remercie éternellement de me permettre de posséder cette notion, si vitale pour l'être humain, nommée "discernement".

Deux courants pullulent en Afrique francophone actuellement et sont en train d’arborer faussement le manteau de panafricanisme.

Le 1er est celui agité par bon nombre de figures des sociétés civiles africaines, souvent rappeurs, parlant de démocratie, voulant chasser des présidents africains trop longtemps restés au pouvoir sans qu'ils ne fassent rien pour le peuple. La plupart de ces mouvements est subventionné par le prétendu philanthrope américain GEORGES SOROS, qui les arrose afin qu'ils puissent promouvoir la vision occidentale des droits de l'Homme, et constituer une nouvelle classe politique africaine, fraîche, paraissant COOL, capable de vous faire des concerts suivis de meetings politiques.

Ces gens là sont dangereux, car ils touchent le cœur des gens NAÏFS en soulevant de VRAIS PROBLÈMES, (la Mal-gouvernance de nos chefs d'Etat) tout en donnant de mauvaises réponses (promotion d'un politique occidentalophile faite d'acculturation et de soumission idéologique au mondialisme).

Ils n'hésitent pas, lorsqu'ils se réunissent entre groupes africains cooptés, à se présenter comme des panafricains.

Le 2eme courant est tout aussi dangereux, en cela qu'il invoque, que dis je, CONVOQUE (en échange de quelques milliards de CFA) le panafricanisme pour laver l'honneur de chefs d'Etats Africains discrédités auprès du peuple, et qui commencent à être lâchés par l'oligarchie d'Occident (cette dernière ayant trouvé, à travers la société civile des nouveaux pions plus séduisants et plus efficaces). Si ces dictateurs , face à cet abandon de leurs anciens marionnettistes , décidaient SÉRIEUSEMENT de se radicaliser (c'était mon SOUHAIT) , et travaillaient pour l'AFRIQUE, le procédé consistant par volonté panafricaine, à les défendre serait justifiable et justifié.

Mais lorsque l'on constate que derrière les promesses (non tenues) de sortie du CFA, et les haussements de ton vis à vis des puissances coloniales (suivis d'excuses en privé vis à vis de ces dernières), il n'y a qu'une seule ligne tenue avec constance par ces dictateurs, c'est la DÉFENSE UNIQUE DE LEURS PROPRES INTÉRÊTS, et non pas ceux du peuple; il va sans dire que défendre ces derniers sous prétexte de panafricanisme constitue une TRAHISON de l'idéal de nos résistants africains d'antan.

J'ai connu, étudié au plus près ces 2 courants, travaillé sur LE TERRAIN avec chacun d'eux, car on peut difficilement critiquer un domaine que l'on a pas vu de près. Et après les avoir vu, je peux dire avec sérénité: je suis venu, je les ai vu, et si l'Afrique compte sur eux, elle EST PERDUE.

Entre la cooptation par les impérialistes EXOGÈNES et celle par les IMPÉRIALISTES ENDOGÈNES, il existe une 3ème voie, celle de l'urgente NÉCESSITÉ pour les RÉSISTANTS africains au mondialisme, de constituer face à une UNION AFRICAINE composée de ceux qui sont dans leur immense majorité, des problèmes pour leur peuple, l'UNION AFRICAINE DES PEUPLES. Car c'est le peuple qui compte, lui et lui seul. Il faudra tôt ou tard, et si possible, plus TÔT QUE TARD, que les entrepreneurs africains INDÉPENDANTS politiquement, pensent SÉRIEUSEMENT à soutenir et à financer les activistes politiques souhaitant constituer cette UNION AFRICAINE DES PEUPLES. Une structure, ONG, qui aurait des représentants dans chaque pays, et un parlement continental dans le quel CHAQUE MEMBRE SERAIT ÉLU. Si cette structure prend du poids et marque les esprits par ses actions SUR LE TERRAIN, TÔT OU TARD, l'Union Africaine des "élites" devra soit cesser son manège et compter avec NOUS,soit disparaître.

LA QUESTION réelle est: "qui est prêt à risquer le PEU DE LIBERTÉ QU'IL A POUR CONTRIBUER A NOTRE LIBÉRATION ET NOTRE AUTONOMIE RÉELLE?"

~ Kemi Seba

jeudi 19 novembre 2015

Les Coromantee, les esclaves Ashanti des Caraibes


Soldat du Royaume Ashanti 

Coromantee (dérivé du nom du fort ghanéen pour les esclaves, le Fort Kormantine à Koromanti, Ghana.), également appelés Coromantins, Coromanti ou Kormantine était le nom anglais donné à l'origine aux esclaves Ashanti en Jamaïque, mais il devint synonyme de tous les groupes Akan de la Gold Coast ou du Ghana moderne. Le terme Coromantee est maintenant considéré comme un terme archaïque puisqu’il se réfère simplement au peuple Akan, et qu'il fut utilisé principalement dans les Caraïbes.

Les Coromantee venaient en fait de plusieurs groupes ethniques Akan et furent déportés de manière séparée dans les colonies européennes des Caraïbes, sur la base de leurs alliances ou non avec les Européens lorsqu'ils étaient encore à la Gold Coast (les Ashanti étant opposés aux Fanti et aux Britanniques furent expédiés à la Jamaïque et à la Barbade; Les Fanti, étant opposés aux Asante et aux Néerlandais furent envoyés vers les Guyanes, etc). En raison de leur tradition militariste et de leur langue Akan commune, les Coromantee organisèrent des dizaines de révoltes d'esclaves en Jamaïque et ailleurs dans les Caraïbes. Leur caractère farouche et leur nature rebelle devint si célèbre parmi les propriétaires de plantations blancs aux 18ème siècle qu'une loi fut proposée pour interdire l'importation d'africains de la Gold Coast en dépit de leur réputation de travailleurs solides.

Les Ashanti eurent une énorme influence culturelle (plus que tout autres peuple afircains) à la Jamaïque, y compris chez les Neg Marrons jamaïcains dont la culture et la langue fut considérée comme une dérivation de l'Asante et du Twi. Les noms de certains leaders Coromantee célèbres comme Cudjoe, Quamin, Cuffy et Quamina correspondent respectivement aux  prénoms Akan selon le jour de naissance Kodjo, Kwame, Koffi et Kwamina. Une grande partie de la population captive avait aussi des noms Akan selon les jours, comme le nom "Quashee" (une déformation de "Kwasi") ce qui fut pour les planteurs britanniques un moyen d'impliquer la majorité des Ashanti. Le mot Coromantee devînt le terme jamaïcain britanniques pour signifier "Noir ou esclave", de même, que les blancs étaient appelé "Obroni" (Blanc en langue Twi) par les africains captifs. Ce terme est encore utilisé et est considéré comme une insulte.

Histoire:


Origine:


Carte de l'Empire Ashanti et de la Gold Coast

Aux 17e et 18e siècles, les Africains captifs de la région de la Gold Coast, au Ghana actuel, furent déportés dans les colonies des Caraïbes. La Jamaïque reçut un pourcentage élevé d'Ashanti en vertu de l'alliance de l'Angleterre avec leur rivaux les Fanti. Les captifs Ashanti furent soit kidnappés ou pris en embuscade lors de conflits mineurs et déportés vers des forts en territoire Fanti (aujourd'hui la région centrale du Ghana) protégés par les britanniques,  des forts comme Fort Kormantse et Fort William. 

Fort William en 1890

À leur tour, les Fanti capturés lors de bataille avec les Ashanti alliée des Hollandais, furent déportés vers des forts néerlandais qui expédièrent leurs captifs dans les colonies néerlandaises (par exemple, les Guyanes d'Amérique du Sud). Les propriétaires d'esclaves blancs commencèrent à distinguer les Africains par lieu d'origine et associèrent des comportements et des caractéristiques sur la base de leur appartenance ethnique. Le terme "Coromantee" (en Twi: Kormantse), comme le mot déformée "Obeah", viennent de la Jamaïque, qui fut considérée comme la capitale britannique de l'hémisphère occidental et là où de nombreuses lois pour les colonies britanniques furent écrites. Le mot Coromantee tire son origine de Fort Kormantse (aujourd’hui Fort Amsterdam, il fut vendu aux Pays-Bas les années suivantes), basé sur les terres Fanti protégées par les britaniques. Les Coromantee partagent un langage commune aujourd'hui connu comme le twi (prononcé : «tchi»), et cette langue forma la base de l'appartenance à une organisation librement structurée de personnes qui socialisèrent et  s’entraidèrent. Edward Long, un colon blanc jamaïcain du 18ème siècle qui préconisa fortement l'interdiction de la vente de Coromantee, nota que cette unité entre les groupes Akan joua un rôle important dans l'organisation des complots et des rébellions, malgré la dispersion géographique des Coromantee travers différentes plantations. L'unité organisationnelle de Coromantee, en raison de leur histoire commune, contribua également à une à créer une société de secours mutuel, groupe enterrement, et endroits pour profiter de divertissement social.

Culture historique:


La cérémonie Yam observée par les groupes Akan

Avant d'être asservis les Coromantee faisaient généralement partie de groupes Akan très organisés et stratifiés tels que l'Empire Ashanti. Les états Akan n'étaient pas tous les mêmes, il existait quarante groupes différents au milieu du 17e siècle, mais ils partagaient un langage politique commun. Ces groupes partageaient également une mythologie un Dieu puissant, Nyame et des histoires d'Anansi en commun. Ces histoires Anansi seraient répartis dans le Nouveau Monde et sont respectivement devenus Anancy, Anansi Drew, ou frère Lapin en Jamaïque, aux Bahamas et dans le sud des États-Unis. Les Akan partageaient également le concept des noms selon le jour. La preuve de cela est visible dans les noms de plusieurs organisateurs de rébellion tels que Cuffy (Koffi), Cudjoe (Kodjo), ou Nanny (Nana).


Rébellions menées par des Coromantee:



La rébellion de 1690: 


Traité reconnaissant les Marrons de Cudjoe comme une nation indépendante

Il y eut plusieurs rébellions dans les années 1700 attribuées aux Coromantees. Selon Edward Long, la première rébellion eut lieu en 1690. Entre les trois ou quatre cents esclaves de la paroisse de Clarendon, après avoir tué un propriétaire blanc, se saisirent d'armes à feu et de munitions et tuèrent un contremaître sur la plantation voisine. Une milice fut formé et écrasa finalement la rébellion, et le leader pendu. Plusieurs des rebelles fuirent et rejognirent les Neg Marrons. Long décrit également l'incident au cours duquel un propriétaire d'esclaves fut maîtrisé par un groupe de Coromantee qui après l'avoir tué, lui coupa la tête, et transformèrent son crâne en bol. En 1739, le chef des Marrons  Coromantee nommé Cudjoe (Kodjo) signa un traité avec les Britanniques assurant que les Marrons allaient être laissé tranquille à la condition qu'ils ne pas aider d'autres rébellions d'esclaves.


La rébellion d'Antigua de 1736:


En 1736, à Antigua, un esclave africain appelé "Prince Klaas" (dont le vrai nom était Court) fomenta un soulèvement dans lequel les Blancs seraient massacrés. Court fut couronné "Roi des Coromantee" dans un pâturage en dehors de la capitale de St. John's. Ce que les observateurs blancs prirent pour un spectacle haut en couleurs, fut en réalité pour les esclaves une déclaration de guerre rituelle à l'encontre des esclavagistes. En raison de renseignements obtenus grâce à d'autres esclaves, les colons découvrirent le complot et l’endiguèrent. Prince Klaas et quatre de ses complices furent capturés et exécutés. Six esclaves furent pendus à des chaînes et moururent de faim, et cinquante-huit autres furent brûlés sur le bûcher. Le site de ces exécutions est l'actuel l'Antiguan Recreation Ground.


La guerre de Tacky:



=> Voir l'article de Makandal Speaks à ce sujet



Le soulèvement des esclave de Berbice:



En 1763, une révolte d'esclaves eut lieu a Berbice dans l'actuel Guyana et fut dirigé par un Coromantee du nom de Cuffy ou Koffi et son adjoint Akra ou Akara. La révolte commença en Février 1763 jusqu'en 1764. Cuffy, comme Tacky naquit en Afrique de l'Ouest avant d'être réduits en esclavage. Il mena une révolte de plus de 2500 esclaves contre le régime de la colonie. Après l'acquisition d'armes à feu, les rebelles attaquèrent les plantations. Ils prirent l'avantage après la prise de maison de Peerboom. Ils dirent aux blancs à l'intérieur qu'ils pourraient quitter la maison, mais dès qu'ils la quittèrent, les rebelles en tuèrent un grand nombre et a firent plusieurs prisonniers, dont la femme d'un propriétaire de plantation que Cuffy garda comme épouse.


Après plusieurs mois, un litige entre  Cuffy et Akra conduisit à une guerre entre les deux. Le 2 Avril 1763 Cuffy écrivît à Van Hoogenheim disant qu'il ne voulait pas d'une guerre contre les Blancs et proposa une partition de Berbice avec les Blancs occupant les zones côtières et les noirs à l'Intérieur des terres. La faction d'Akara gagna et Cuffy se suicida. L'anniversaire de la révolte de Cuffy, le 23 Février est le Republic Day du Guyana, et Cuffy y est un héros national et il est commémoré par un grand monument dans la capitale Georgetown.



La conspiration de 1765:  


Les Coromantee furent aussi derrière une conspiration en 1765 en vue d'une révolte. Les chefs de la rébellion scellèrent un pacte avec un serment. Les leaders Coromantee Blackwell et Quamin (Kwame)  et tuèrent des soldats  dans une embuscade dans un fort près de Port Maria ainsi que autres Blancs dans la région. Ils visaient à s'allier avec les Marrons et à se partager la Jamaïque. Les Coromantee auraient donné aux Marrons les forêts Jamaïque, tandis que les Coromantee auraient contrôlé les terres cultivées. Les Marrons refusèrent à cause de leur traité et de leur l'accord existant avec les britanniques.




La Rébellion de 1766:



Trente-trois Coromantee nouvellement débarqués  tuèrent au moins 19 blancs dans la paroisse de Westmoreland. Il furent découvert lorsqu'un un jeune esclave les dénonça. Tous les conspirateurs furent exécutés ou vendus.




La rébellion de "Bussa" à la Barbade en 1816:



La Barbade fut  également une étape point commerciale majeure où les esclaves de la Gold Coast (Ghana actuel) furent déporté avant d'être dispersés vers d'autres colonies britanniques comme la Jamaïque et la Guyane britannique. Le 14 Avril 1816 une révolte d'esclave, également connu sous le nom de "rébellion de Bussa" fut menée par un esclave du nom de Bussa. On connait peu de chose de la vie de Bussa avant la révolte; les historiens sont en conflit quant à ses origines possibles. Il est très probable que Bussa  fut un Coromantee, mais il y a aussi des doutes raisonnables qui font penser qu'il aurait pu être un descendant du peuple Igbo. Il est également possible que Bussa ait eu deux ascendances, puisque les captifs importés avant la rébellion provenaient principalement de la Gold Coast et avaient subi la créolisation ultérieure aux populationx esclaves de l'île. L'incident de Bussa, ainsi que d'autres rébellions répété à travers les Caraïbes, avaient poussé le gouvernement colonial britannique à adopter le Slavery Abolition Act en 1833, c'est à dire la fin officielle de l'esclavage en tant qu'institution dans l'ensemble de ses territoires dans les Caraïbes.




La conspiration de Denmark Vesey en 1822:

  

Denmark Vesey

En 1822, un complot fomenté par des esclaves aux États-Unis venus de la Caraïbe fut organisé par un esclave nommé Denmark Vesey ou Télémaque. L'historien Douglas Egerton suggéra que Vesey pourrait être un Coromantee (une personne parlant Akan) l'origine, d’après les dire d'un charpentier noir libre qui connu Vesey vers la fin de sa vie. Inspiré par l'esprit et les actions des esclaves révolutionnaire durant la Révolution haïtienne de 1791, et furieux à la fermeture de l'Eglise africaine, Vesey commença à planifier une révolte.

Son insurrection, qui devait avoir lieu le jour de la fête nationale, le 14 Juillet 1822, devint notoire pour des milliers de Noirs à travers Charleston et le long de la côte de la Caroline. Selon le complot Vesey et son groupe d'esclaves et de Noirs libres devaient exécuter leurs esclavagistes et libérer temporairement la ville de Charleston. Vesey et ses partisans avaient l'intention de naviguer pour Haïti afin d'échapper aux représailles. Deux esclaves opposés au plan de Vesey révélèrent l'intrigue. Les autorités de Charleston accusèrent 131 hommes de conspiration. Au total, 67 hommes furent condamnés et 35 pendus, y compris Denmark Vesey.




La rébellion de Demerara en 1823:


Coromentee obligent la retraite des soldats européens conduit par le Lt Brady au Guyana

Quamina (Kwamina) Gladstone, un esclave Coromantee de Guyane britannique (le Guyana actuel), et son fils Jack Gladstone menèrent la rébellion de Demerara en 1823, l'une des plus grandes révoltes d'esclaves dans les colonies britanniques avant que l'esclavage ne fut aboli. Il était un charpentier de métier, et travaillait sur une propriété détenue par Sir John Gladstone. Il fut impliqué dans la révolte par les autorités coloniales, arrêté et exécuté le 16 Septembre 1823. Il est considéré comme un héros national en au Guyana, et il y a des rues de Georgetown et des village de Beterverwagting sur la côte Est de Demerara, à son nom.

Le lundi 18 Août 1823, Jack Gladstone et son père, Quamina, deux esclaves d'une riche plantation (qui avaient adopté le nom de famille de leur maître par convention) menèrent leurs pairs à la révolte contre les conditions difficiles et les mauvais traitements. Ceux qui furent sur la plantation sur Le Resouvenir, où se située la Smith's Chapel, se révoltèrent. Quamina Gladstone fut membre de cette église. La population de la ville se décomposait ainsi suit: 2500 Blancs, 2500 Noirs affranchis, et 77.000 esclaves; Quamina fut l'un des cinq diacres de la Congrégation peu de temps après son arrivée à la Smith' Chapel. À la suite aux mesures adoptées, visant à améliorer le traitement des esclaves dans les colonies, Jack entendit une rumeur selon laquelle leurs maîtres avaient reçu des instructions pour les libérer, mais refusaient de le faire. Dans les semaines précédant la révolte, il demandé confirmation de ces rumeurs par d'autres esclaves, en particulier ceux qui travaillaient pour ceux qui étaient en mesure de le savoir: il obtînt ainsi des informations de Susanna, femme de ménage et maîtresse de John Hamilton maitre de la plantation Le Resouvenir; de Daniel, le serviteur du gouverneur; de Joe Simpson de la plantation Le Reduit, et d'autres. Plus précisément, Joe Simpson écrivit une lettre qui disait que leur émancipation était imminente, mais qui fallait être patient. Jack écrivit une lettre (signant au nom de son père) aux membres de la chapelle pour les informer de cette "nouvelle loi".

Une gravure de William Blake illustrant
"Un nègre pendu par ses côtes à une potence".

Étant très proche de Jack, il soutînt les aspirations de son fils à être libre, en soutenant la lutte pour les droits des esclaves. Mais en restant rationnel, et en respectant les conseils du pasteur Smith, il lui demanda de dire aux autres esclaves, en particulier aux chrétiens, de ne pas se rebeller. Il envoya Manuel et Seaton pour cette mission. Quand il sut que la rébellion était  imminente, il exhorta à la retenue, et fit promettent  aux autres esclaves de se contenter d'une grève pacifique. Jack poussa des dizaines de milliers d'esclaves à se soulever contre leurs maîtres. Après la défaite des esclaves lors d'une grande bataille à Bachelor's Adventure, Jack fuit dans les bois. Une "forte récompense" de mille florins fut offerte pour la capture de Jack, Quamina et d'une vingtaine d'autres «fugitifs». Jack et son épouse furent capturés par le capitaine. McTurk au Château Margo le 6 Septembre après une confrontation de trois heures. Quamina toujours en fuite fut capturé le 16 Septembre dans les domaines de Château Margo. Il fut exécuté, et son corps fut suspendue dans les chaînes par les côte au bord d'un chemin public.



Le projet de loi pour interdire l'importation de Coromantee en Jamaïque:


Edward Long, administrateur colonial , historien et auteur britannique

En 1765, un projet de loi fut proposé pour empêcher l'importation de Coromantee mais ne fut pas accepté. Edward Long, un écrivain anti-Coromantee déclara:

Un tel projet de loi, s'il est adopté frapperait à la racine même du mal. Plus aucun Coromantee n'infesterait ce pays, mais plutôt que leur race sauvage, l'île serait ravitaillée avec des Noirs d'une disposition plus docile et plus encline à la paix et à l'agriculture. 

Les Colons trouvèrent par la suite des moyens pour séparer les Coromantee les uns des autres, en les logeant séparément, en les plaçant avec d'autres esclaves, et avec une surveillance plus stricte des activités. Puisque les groupes comme les Igbo n'étaient pas connu pour être enclin à devenir des marrons, les femmes Igbo furent accouplées avec les hommes Coromantee afin de soumettre ces derniers à l'idée que les femmes Igbo étaient liés au lieu de naissance de leurs premiers-nés.



Assimilation:


D'autres révoltes Coromantee suivirent, mais celles-ci furent toutes rapidement matées. Les Coromantee (les esclaves et les marrons en fuite) et les Akan déportés depuis le Ghana, influencèrent, en fin de compte, le gros de la culture noire jamaïcaine: la langue, l'architecture et la nourriture. Après l'abolition de l'esclavage par les britanniques en 1833, leur influence et leur réputation commença à décliner en tant que Coromantee furent pleinement intégrés à la société jamaïcaine largement d'inspiration britanique.

Cependant, les mots Twi constituent une grande partie de l'influence africaine dans le patois jamaïcain. La langue twi influença  également la population Marron jamaïcaine (le Maroon Spirit language).



Remarques:



  • Behn, A., Gallagher, C., & Stern, S. (2000). Oroonoko, or, The royal slave. Bedford Cultural Editions. Boston: Bedford/St. Martin's.


  • Williams, Brackette (1990), "Dutchman Ghosts and the History Mystery: Ritual, Colonizer, and Colonized Interpretations of the 1763 Berbice Slave Rebellion", Journal of Historical Sociology 3 (2): 133–165, doi:10.1111/j.1467-6443.1990.tb00094.x.


  • Egerton, Douglas R. He Shall Go Out Free: The Lives of Denmark Vesey, 2nd ed. Lanham: Rowman and Littlefield, 2004.


  • Bryant, Joshua (1824). Account of an insurrection of the negro slaves in the colony of Demerara, which broke out on the 18th of August, 1823. Georgetown, Demerara: A. Stevenson at the Guiana Chronicle Office.


  • Hutner, Heidi (1993). Rereading Aphra Behn: History, Theory, and Criticism. University of Virginia Press. ISBN 0-8139-1443-4
  • Thornton, John K. (2000). War, the State, and Religious Norms in "Coromantee" Thought: The Ideology of an African American Nation-- Possible pasts: becoming colonial in early America. ISBN 0-8014-8392-1.
  • Viotti da Costa, Emília (18 May 1994). Crowns of Glory, Tears of Blood: the Demerara Slave Rebellion of 1823. ISBN 0-19-510656-3.



References:


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  • Révauger, Cécile (October 2008). The Abolition of Slavery – The British Debate 1787–1840. Presse Universitaire de France. pp. 105–106. ISBN 978-2-13-057110-0.
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Traduction de Franswa Makandal